Football, RDC : aux joueurs les victoires, à l’entraîneur les défaites

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19 octobre 2020

Football, RDC : aux joueurs les victoires, à l’entraîneur les défaites

Une pluie de critiques s’abat sur Christian N’Sengi, le sélectionneur des Léopards, l’équipe de football de la RDC. Au poste depuis un an, il ne compte aucune victoire. Ces critiques semblent logiques, certes, mais je ne suis pas d’accord avec ces supporters, journalistes et médias, qui rejettent toute la faute sur lui. Et pourtant, en cas de victoire, je paris que les éloges ne reviendraient qu’aux acteurs sur la pelouse.

D’entrée de jeu, je vous signale que je n’ai pas choisi un camp entre l’ancien et le nouveau sélectionneur. Le bilan est très négatif, je sais que c’est difficile à digérer. Mais je crois que mes compatriotes devraient se ressaisir. Malheureusement, d’hier à aujourd’hui, les mêmes causes produisent des mêmes effets :  chaque contre-performance de notre équipe soulève un acharnement sur le coach… Oh, le pauvre ! Lorsqu’une équipe gagne, on ovationne les joueurs. Curieusement, lorsqu’elle perd, c’est l’entraineur que tout le monde pointe du doigt. Je trouve tout ça vraiment injuste.

Il y a bien des choses qu’on ne voit pas

A chaque match, on est tous concentré devant nos écrans. Chacun y va de son pronostic avant le coup de sifflet final, d’où, à la fin, les sentiments sont partagés. Mais personne n’a aucune idée de ce que le coach demande à ses poulains, tactiquement. Et quand les plans de ce dernier ne sont pas appliqués par les joueurs, difficile que le résultat réponde aux attentes. Là encore, c’est un seul homme qui porte le fardeau. Je vous rappelle que les entraînements ne sont pas diffusés, moins encore les réunions techniques. Voulez-vous placer un avis sur l’entraîneur après un match, essayez d’imaginer le travail qu’il bat en coulisse. Bon, j’ose croire que certains supporteurs en ont déjà pensé, mais ils restent quand même sur leur position.

On oublie la force des adversaires

Les équipes qu’on affronte ne sont pas là pour faire figuration. Notre incapacité à accepter la défaite nous empêche de reconnaître les qualités de l’adversaire, en plus d’oublier son objectif : la victoire. C’est aussi ce que je constate actuellement chez les congolais. Depuis le nul (1-1) des Léopards face aux Lions de l’Atlas, tout le monde ne fait que retracer le bilan du sélectionneur à la tête de l’équipe. Cependant, je m’appuie sur le même bilan pour rappeler qu’on n’a pas affronté des faibles.

La RDC possède une équipe de football très talentueuse, c’est tout à fait logique que ses supporteurs soient très exigeants. A l’image des résultats de leur équipe, ils vont mal. Pour eux, un départ de l’actuel sélectionneur permettrait forcément aux Léopards de renouer avec la victoire, ce qui n’est sûr. Son prédécesseur Florent Ibenge a dû affronter une situation identique quelques fois. Il suffit qu’on gagne le prochain match pour qu’on oubli toutes les critiques sur l’entraîneur, tellement on sera occupé à faire des louanges aux joueurs. C’est une triste réalité.

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Commentaires

Tim Molanga
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Cet article retrace bien la réalité qui serait d'un devoir d'être prise en compte chez nos compatriotes. Bizarrement, l'homme noir, malgré sa passion pour le foot, n'arrive guère à faire passer en avant plan cet esprit de sportivité, l'exigence est notre monde.
Peut-on croire le contraire de résultats actuels de M. Biembe et une bonne prestation et amélioration de son effectif ? Oui, serait ma réponse.

Pour le redacteur, disons c'est bien rédigé et ces lignes inspirent volonté du métier et redonne aux lecteurs envie de revisiter le site.
Bravo pour ce travail.

Emery Kabongo
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Merci Tim